29.04.2006

Point final

Ca y est, je vais arrêter ce blog. J’ai bien eu quelques réactions très encourageantes mais le succès reste limité. Peut-être ma plume n’est-elle pas assez acerbe?Le monde de blog est clairement moins développé en Belgique qu’en France et dans les pays anglo-saxons. Fuirait-on davantage les sujets sérieux?J’épinglerai quand-même une nouvelle intéressante: l’Australie a remboursé toute sa dette publique cette semaine. Peu ou pas de chomage, pas de dette publique, croissance, …. Un état de rêve, non, ou, à tout le moins, une situation saine. Etrangement, on n’en parle trop en Europe. On préfère le “modèle” suédois (petit pays largement mono-ethnique qui ressemble peu à la France), comme si c’était le seul pays sur cette planète qui se débrouillait bien … Etrange étroitesse de l’échantillon de référence … Lira-t-on jamais un article dithyrambique sur Howard dans Marianne? Douteux, au vu de l’orientation pro-marché du leader australien. Et dommage, car au plus nous aurons des points de référence divers, au plus nous pourrons être créatifs pour résoudre les problèmes européens.

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22.04.2006

Retour sur le No 467

L’article en p. 18 de JFK a le mérite de suggérer des modifications concrètes de l’économie. Mais est-il bien pensé ?Exemples de suggestion :- « une imposition différenciée qui favoriserait les profits réinvestis (…) au détriment des distributions de dividendes » . Très bien. Sauf que ça existe déjà en Belgique (précompte sur dividende mais pas de taxation des plus-values sur action) et apparemment ça ne change pas grand chose.- « L’orthodoxie monétariste ( …) étouffe la croissance ». Encore très bien. Sauf que la politique de la BCE n’est pas vraiment monétariste : les taux d’intérêt sont bas (comparons aux années 70 et 80) lors que la quantité de monnaie augmente, tout l’inverse de ce que Friedmann recommanderait !- « L’instauration d’un maximum de rémunération, équivalent à 100,000 EUE par mois ». De quel droit ? Et puis de toute manière c’est facile à contourner – il suffit d’avoir un contrat à l’étranger. Comble du comble, il attribue la faillite française au néolibéralisme. Un peu comme si Gorbatchev avait attribué la faillite de l’URSS à un excès de capitalisme entre le temps de Staline et sa venue. Il est urgent de revenir sur la planète Terre.

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17.04.2006

No 469

Article “Pas mal pour un pays de merde” en p. 8. Marianne cite une “radiographie présentée à Bruxelles” (sic):“La France est le 4ième exportateur mondial de services, […] bien placée sur les biens de moyenne et haute technologie”.Cocorico, dit Marianne. Et comment le lecteur docile est-il supposer réagir … s’il ne sait qui a écrit cette radiographie, qui l’a financé, dans quel but, etc., il ne sait dire si le texte ci-dessus a vocation publicitaire ou est une analyse faite dans des conditions objectives?Il importe d’aiguiser l’esprit critique des lecteurs, de reconnaître leur aptitude à évaluer un texte, plutôt que de leur bourrer le crâne avec les documents extérieurs qui vont dans la ligne du magazine … Le lecteur est assez grand pour, ensuite, avoir sa propre opinion sur l’évolution de la puissance et la prospérité de la République.

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08.04.2006

No 467

Peu de critique cette semaine. Très bon article sur Blair. Lecture obligatoire pour ceux qui à gauche comme à droite vantent le blairisme sans avoir jamais vécu en Angleterre. Le blairisme a ses succès: un marché de l'emploi plus dynamique (clin d'oeil aux opposants au CPE ...), une confiance retrouvée des anglais dans leur futur plutôt qu'un protectionnisme frileux. Mais c'est aussi des soins de santé médiocres, une éducation tiers-mondiste, et de nombreux emplois publics payé opportunément par le pétrole et les plantureuses recettes de la City londonienne, et une société fractionnée et communautarisée. Bref, ce n'est pas un modèle, mais seulement un pis-aller.

16:27 Écrit par Voltaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Wikipedia

Marianne est référencée sur Wikipedia (wikipedia). Texte bon et succinct à découvrir via le lien.

 

On y apprend que Marianne y soutient la liberté d'entreprendre. On aimerait y lire davantage d'articles dans ce sens ... sans quoi il s'agit d'une formule creuse, purement rhétorique.

16:20 Écrit par Voltaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

05.04.2006

No 466

Le CPE fait les choux gras du magazine. Ce qui m’a surpris, néanmoins, c’est l’article “Comment Koizumi s’est fait Hara-Kiri” (p. 50 et suivantes).
 
Le Japon y est présenté comme au bord de la rupture de paiement, les banques au bord de la banqueroute. On croit rêver – le pays est maintenant en pleine expansion, l’optimisme est revenu (à un tel point que la Banque Centrale a jugé bon de durcir sa politique monétaire), et on nous peint un portrait misérabiliste digne de l’ére pré-Koizumi. Certes, Koizumi n’est pas indéboulonnable (les premiers ministres japonais tendent à avoir une durée de fonction plutot courte, au vu des batailles de factions au sein des parties, et il n’a plus l’intention de s’accrocher, aurait-il dit), mais je présume que l’enjeu pour Marianne est ailleurs: Koizumi a une orientation pro-marché, horreur des horreurs, cela marche, et il importe donc de le démolir de toute urgence.
 
Il eût été souhaitable de présenter aux lecteurs plusieurs articles écrits par des journalistes d’opinions diverses (tendance Libé, tendance Wall Street Journ., etc.) plutôt que d’imposer une espèce de “ligne du parti” aux lecteurs.

09:54 Écrit par Voltaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

24.03.2006

No 465

“Le CPE serait une très bonne idée dans un monde parfait. Mais qui dit que les patrons ne vireront pas les salaries à la première occasion?”
 
Justement le monde n’est pas parfait; embaucher est toujours risqué. Je vois peu de patrons qui virent quelqu’un qu’ils ont formé à grand peine et dont le travail leur plait. Chercher un nouveau est bien plus risqué et fatiguant.
Secundo, ce ne sont pas les lois qui créent les emplois dans le privé, mais la conjoncture économique.
Tertio, le CPE ne permet même pas de licencier à tout bout de champ (voir droit du travail in http://www.paxatagore.org/index.php?2006/03).
 
Que de simplifications dans cette citation d’opposant!

20:33 Écrit par Voltaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

18.03.2006

No 464

Edito assez violent, anti-CPE de notre ami Jean-François Kahn.“Mais il nous apparut toujours évident qu’un jour ou l’autre une régression de trop mettrait le feux aux poudres.”Jusque là, je suis plutot d’accord.Puis, parlant de la vie depuis les 30 glorieuses,“Un observateur qui débarquerait de Mars imaginerait alors que, depuis que ce systeme rooseveltien a été aboli et que la logique néolibérale a peu a peu imposé ses normes […], la situation s’est, dans presque tous les domaines, largement améliorée. Or, pas du tout […]”Là, c’est de la démagogie à 2 titres.D’abord, le systeme rooseveltien a commencé à s’effriter en Europe dès les années 70 sous la pression de la montée du chômage et des déficits publics ainsi que la concurrence économique de l’Asie, pas parce que a priori on voulait faire du néolibéralisme pour le néolibéralisme. Chaque système génère de lui-même ses lourdeurs et donc sa chute, et l’état-providence n’échappe pas a cette triste observation.Secundo, à l’heure où le salarié européen lambda voit 1/3 de son salaire brut partir en cotisations sociales, 1/3 en impôts, et lui rester royalement 1/3 pour s’acheter ce qu’il désire (par ailleurs grevé de TVA!), à l’heure où enterprises et individus croulent sous des milliers de page de législation et règlements, il est fort malvenu de dire que l’on vit dans une realité néolibérale. C’est tout simplement inexact, et toutes ces charges se sont même alourdies depuis les 30 glorieuses. Qu’il y ait CPE ou pas n’y changera d’ailleurs pas grand chose.Allez-y, JFK, dites que la France d’aujourd’hui est une société néolibérale, et de New-York à Pékin en passant par Tokyo et Canberra, tout le monde va bien en rigoler…

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13.03.2006

N0 462

Numero intéressant, surtout pour les indéboulonnables …

Je ne peux cependant que sursauter à la lecture de la page 8:

“350,000 Britanniques ont quitté l’île de tous les délices, en 2005, pour aller couler des jours meilleurs sous d’autres cieux. […] Un Britannique sur deux (!) souhaiterait émigrer […] Les émigrés britanniques s’insurgent contre les conséquences du modèle anglo-saxon pur et dur, celui-la même que certains nous somment d’importer en France sous peine de voir l’élite s’expatrier en Grande-Bretagne”

… Et combien de Français ont quitté le pays? Il faudrait le savoir pour faire une comparaison. D’après ce que je vois, ce sont les retraités britanniques qui s’expatrient (souvent en Espagne) alors que les rues de Chelsea et de Belsize regorgent de jeunes Français bien formés qui paient désormais leurs impôts au gouvernement de sa Majesté… Même si le blairisme est un trompe-l’oeil, minimiser les problèmes français sur le ton de l’article me parait n’être qu’une diversion. Ce qu’il y a de grave, ce n’est pas le blairisme, mais c’est qu’on n’arrive pas à faire mieux, en France ou ailleurs sur le continent!

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25.02.2006

No 461

P.40 cette semaine, un article fort intéressant sur la Chine. Beaucoup de vrai, mais un poncif: "la surexploitation des mingongs, ces travailleurs migrants qui sont le fer de lance de la croissance chinoise". D'abord, pouquoi le mot "

surexploitation"? Exploitation suffirait, en bon français ... Puis, surtout, sur le fonds: les travailleurs chinois migrent de leur plein gré, fort heureux de trouver dans l'industrie des conditions de vie meilleures que dans les campagnes. Pense-t-on vraiment que la Chine soit devenue le deuxième marché automobile du monde (en nombre de véhicules vendus) après les USA en transformant sa population en une armée d'esclaves serviles et impayés?

Je présume que, comme à l'habitude, il y a un message caché qui est que l'on ne peut lutter contre la concurrence chinoise et que le protectionisme est nécessaire. Pourquoi, alternativement, demander aux Japonais Canon et Matsushita, ou au Coréen Samsung, comment ils se débrouillent?

20:55 Écrit par Voltaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

18.02.2006

 

No. 457, p.62

“La France a été la deuxième terre d’accueil de sièges sociaux entre 1997 et 2002”

Qu’est ce que cette statistique? D’où vient-elle? Que signifie-t-elle? D’accord, Marianne veut convaincre ses lecteurs que la France est une merveilleuse terre d’investissement, mais autant dire qu’en volume elle vient derrière la Chine, les USA, le Royaume-Uni, et l’Allemagne… Autant dire aussi que les OPA sont typiquement reprises comme “investissements” dans la plupart des statistiques disponibles.

 

No. 457, p. 72

[Sur le capitalisme boursier et les entreprises]“L’objectif d’une rentabilité annuelle de 15% dans une économie dont la croissance est plafonnée à 3% est une aberration”

 

Qui a dit qu’il faut 15%? D’abord, 15% de quoi? Si c’est de valeur boursière que l’on parle, Warren Buffett espère 6-7% et cela correspond au fameux coût du capital dont on parle dans tout les traités de finance. Un investisseur peut espérer 15, voire 100%, mais cela n’a rien a voir avec le coût du capital. Dont le rendement est par ailleurs grevé par les faillites et les revers d’affaire qui frappent la plupart des entreprises sur le long terme.

 

No. 459, p. 17

“Enfin, l’affaire Mittal-Arcelor démontre la myopie des marches, incapables d’anticiper les opportunités offertes par l’expansion asiatique aux enterprises. […] il en a gravement sous-evalué la valeur”

 

Myopie?!? N’est pas un peu facile et rhétorique? Si l’action Arcelor était si bon marché, n’était-ce pas justement parce qu’Arcelor n’avait pas d’expansion suffisamment aggressive de sa production en Asie??? Si Mittal paie 30% de plus pour l’action, n’est-ce pas justement pour créer des synergies (sans compter que, statistiquement, les acquéreurs tendent à payer trop). Si myopie il y eut, c’était celle d’Arcelor qui n’a malheureusement (je suis le premier à le déplorer amèrement) pas vu venir le coup, et des Etats tout aussi aveugles? Trop de questions éludées au profit d’une condamnation rapide des marchés (qui ont bon dos).

 

No 460, p. 18,

“Imagine-t-on la surprise d’un citoyen français de l’après-Première Guerre mondiale découvrant, aujourd’hui, que Shangai est redevenue l’une des capitales du grand capitalisme mondialisé”

 

Maints articles de Marianne minimisent la signification du développement de la Chine – sans doute pour implicitement nier le défi particulier que l’ultra-capitalisme chinois pose au modèle européen.

Que je sache, la Chine n’était pas une grande puissance industrielle au début du 20ième siècle. Elle produisait peu d’acier ou de charbon, elle n’exportait pas massivement vers nos contrées. Hier, la Chine était exange; aujourd’hui, elle rivalise avec (et va dépasser) la France en PNB et dans la production d’électronique grand public. Il y a donc bien aujourd’hui une rupture avec les évolutions passées, un défi chinois singulier, et non pas une confortable répétition du passé.

 

 

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